Jul 082012
 

Au quarantième anniversaire du martyre du Camarade Ghassan Kanafani, le Front Populaire de Libération de la Palestine se souvient de ce grand homme, l’écrivain, le leader, le porte-parole, le romancier, le révolutionnaire, et s’engage une fois de plus à continuer sur son chemin de libération. Il est une source d’inspiration pour ceux qui résistent à tous les niveaux, et il est un héros palestinien, arabe et international, un lion littéraire et une icône de la résistance, du sacrifice et de la fermeté.

En raison de son engagement à faire entendre la voix de la Palestine, tant dans ses histoires courtes et les romans où il exprime une résistance créative et une force révolutionnaire littéraire que dans son travail politique où il était le porte-parole du FPLP, il a été ciblé pour assassinat par le Mossad, qui cherchait à faire taire la voix de Kanafani et à travers lui, à faire taire la voix du peuple palestinien et l’appel à la révolution palestinienne.

Bien que leur voiture piégée ait explosé à Beyrouth le 8 juillet 1972, l’œuvre de Ghassan Kanafani, ses écrits et sa vision ne sont pas morts, mais continuent à vivre, sont recréées et inspirent de nouvelles visions de la révolution palestinienne d’aujourd’hui dans l’ œuvre des écrivaines et des militants palestiniens, arabes et internationaux qui racontent l’histoire de leur peuple, dénoncent les crimes du sionisme et de l’impérialisme et critiquent impitoyablement les compradors palestiniens et les autorités et régimes arabes. L’état sioniste n’a jamais été capable de faire taire la voix, le génie et la beauté des mots de Kanafani, ni ceux de son héritage, qui continue à vivre et qui fleurit partout où est aujourd’hui le peuple palestinien, et partout où il ya créativité et résistance.

40 ans après le martyre de Ghassan Kanafani, il est de notre responsabilité de construire la culture de la résistance, d’illustrer la clarté et la vision politique et de construire le mouvement capable d’atteindre la victoire, la libération et le retour, et nous nous emparer de cette tâche jusqu’à son achèvement.

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Le Camarade Ghassan Kanafani est né à Acre en 1936, et sa famille a été expulsée de Palestine en 1948 par la terreur sioniste, après quoi ils s’installèrent finalement à Damas. Après avoir terminé ses études, il a travaillé comme professeur et journaliste, tout d’abord à Damas et ensuite au Koweït. Plus tard, il est allé à Beyrouth et a écrit pour plusieurs journaux avant de lancer Al Hadaf, le journal hebdomadaire du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP), en 1969. Il a été le porte-parole du FPLP et membre de son Bureau politique, et aussi un grand romancier et un artiste dont les immenses contributions ne peut pas être surestimées.

Pour commencer, Kanafani a été un membre actif du Mouvement Nationaliste Arabe, le précurseur du FPLP, mais plus tard, avec son camarade George Habash, il est devenu marxiste, pensant que la solution aux problèmes auxquels se heurtent les Palestiniens ne puisse pas être atteinte sans une révolution sociale partout dans le monde arabe.

Kanafani a été tué lorsque sa voiture a explosé en juillet 1972 : assassiné par les agents sionistes. Sa sœur a écrit : « Le matin du samedi 8 juillet 1972, à peu près à 10h30, Lamees (nièce de Kanafani) et son oncle sont partis secoué l’ensemble du bâtiment. Nous avons tout de suite eu peur, mais peur pour Ghassan et non pour Lamees parce que nous avions oublié que Lamees était avec lui et nous savions que Ghassan était la cible de l’explosion. Nous sommes sortis en courant, nous appelions tous Ghassan et personne n’appelait Lamees. Lamees était encore un enfant de dix-sept ans. Tout son être avait envie de vivre et était plein de vie. Mais nous savions que Ghassan était quelqu’un qui avait choisi cette voie et qui la suivait. La veille même Lamees avait demandé à son oncle de réduire ses activités révolutionnaires et de se concentrer davantage sur l’écriture de ses histoires. Elle lui avait dit, « Tes histoires sont belles », et il avait répondu, « Me remettre à écrire des histoires ? J’écris bien parce que je crois en une cause, en des principes. Le jour où que j’abandonne ces principes, mes histoires deviendront vides. Si je devais abandonner mes principes, vous -même ne me respecteraient pas. » Il a réussi à convaincre la jeune fille que la lutte et la défense des principes est ce qui conduit finalement à réussir en toute chose ».

Dans le mémoire que l’épouse de Ghassan Kanafani a publié après sa mort, elle a écrit :

« Sa source d’inspiration pour l’écriture et le travail incessant était la lutte palestinienne-arabe…Il était l’un de ceux qui ont combattu sincèrement pour le développement du mouvement de résistance à partir d’un mouvement de libération nationaliste palestinien jusqu’à un mouvement socialiste révolutionnaire pan-arabe dont la libération de la Palestine serait une composante vitale. Il a toujours souligné que le problème de la Palestine ne pouvait être résolu indépendamment de toute la situation politique et sociale de l’ensemble du monde arabe. »

Cette attitude s’est développée naturellement à partir des propres expériences de Kanafani. À l’âge de douze ans, il est passé par le traumatisme de devenir un réfugié, et par la suite, il a vécu comme un exilé dans différents pays arabes, pas toujours avec une approbation officielle. Son peuple ont été dispersé, beaucoup des siens menant la vie dans les camps ou luttant pour gagner leur vie dans les travaux les plus ingrats ; leur seul espoir réside dans l’avenir et dans leurs enfants. Kanafani lui-même, en écrivant à son fils, a résumé ce que cela signifie d’être un Palestinien :

« Je vous ai entendu dans l’autre pièce demander à votre mère, « Maman, est-ce que je suis un Palestinien? » Lorsqu’elle a répondu « Oui » un lourd silence est tombé dans toute la maison. C’est comme si quelque chose suspendu au-dessus de nos têtes était tombé, en faisant un bruit d’explosion, et puis – le silence. Après ça…je vous ai entendu pleurer. Je ne pouvais pas bouger. Il y avait quelque chose de plus grand que ma conscience d’être né dans l’autre chambre au milieu de vos sanglots de surprise. C’était comme si un scalpel béni avait découpé votre poitrine et y avait mis le cœur qui vous appartient…J’étais incapable de bouger pour voir ce qui se passait dans l’autre chambre. Je savais, pourtant, qu’une lointaine patrie était en train de naître à nouveau : les collines, les oliveraies, les morts, les drapeaux déchirés et d’autres repliés, tous se frayant un chemin vers un avenir de chair et de sang et tous nés dans le cœur d’un autre enfant…Croyez- vous que cet homme grandisse ? Non, il est né tout à coup, un mot, un instant, pénètre dans son cœur pour un nouveau battement. Une scène peut le blesser en tombant du plafond de l’enfance sur la dureté de la route. »

« À notre camarade parti et qui reste pourtant ; vous connaissiez de deux manières de vivre, et la vie n’en connaissait de vous qu’une seule. Vous connaissiez la voie de la soumission et vous l’avez refusée. Et vous connaissiez la voie de la résistance et vous l’avez suivie. Cette voie a été choisie pour vous et vous l’avez suivie. Et vos camarades marchent avec vous. »

La capacité du Camarade Kanafani à illustrer, au-delà de tout. l’ombre du doute, les privations et les souffrances de son peuple, ainsi qu’à transposer une idéologie et une ligne politique dans la littérature populaire a fait de lui une grave menace pour l’entité sioniste.

 

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